AccueilCaraïbeNègreMaitreBotaniqueCréoleAiséBiblio

Comme en Europe à la fin du XVIIIe s. et au XIXe s., des jardins botaniques se créent aux Antilles à la même époque. Les premiers sont ceux de Saint Vincent, en 1765, de Bath Garden en Jamaïque, en 1775, et le Royal Botanic Garden de Trinidad, en 1788. Le premier jardin botanique des Antilles Françaises est le Jardin Colonial des Plantes de Saint-Pierre, en Martinique, créé en 1803, à l’initiative de Joséphine de Beauharnais, l’épouse de Napoléon Bonaparte. La Guadeloupe a également son jardin botanique, à Basse-Terre, grâce au pharmacien-chimiste M. L’Herminier, mais celui-ci est détruit lors du tremblement de terre de 1843. L’actuel Jardin Botanique de Basse-Terre date de 1882.

Les objectifs de ces jardins botaniques sont diverses. Ils sont surtout agronomiques : améliorer et développer les cultures des colonies, introduire et acclimater des plantes étrangères, et enrichir l’agriculture locale avec de nouvelles cultures. Le développement du commerce des cultures locales vers l’étranger est aussi recherché, ainsi que la fourniture de plantes exotiques pour le Jardin des Plantes de Paris. Mais les objectifs sont également pédagogiques avec l’instruction des populations sur la maîtrise des espèces nouvelles. La distribution de plantes médicinales aux plus nécessiteux assure l’ hygiène publique. Cependant, l’acclimatation devient rapidement l’activité principale de ces Jardins Botaniques.

Les Espagnols et les premiers colons n’avaient pas attendu les premiers Jardins Botaniques pour acclimater des végétaux. Ils avaient amené avec eux des plantes d’origine européenne, telles que le rosier, l’œillet, la marguerite, l’amarante, le jasmin des Açores, etc. Celles-ci se sont plus ou moins bien acclimatées mais bien d’autres ont dégénéré sous ce climat humide et chaud. Dans les jardins botaniques du XIXe s., ce sont donc des espèces tropicales originaires d’autres régions du globe qui sont acclimatées aux Petites Antilles.

On peut noter quelques exemples d’acclimatations du XVIIIe et XIXe s. :

  • l’arbre à pain, originaire de Polynésie, à Saint Vincent, en 1789 ;
  • la mangue, d’Inde, par les Anglais à la Jamaïque en 1782, volée aux Français à Saint-Domingue ;
  • l’Allamanda et le bougainvillier du Brésil ;
  • l’Anthurium, le Spathiphyllum et le balisier, de Colombie et du Pérou ;
  • le Strelitzia et l’Asparagus d’Afrique ;
  • le palmier multipliant, de Madagascar ;
  • l’Hibiscus et les azalées, de Chine et du Japon ;
  • la rose de porcelaine, l’Alpinia et l’Acalypha, d’Indonésie et de Malaisie ;
  • les orchidées, d’Amérique Centrale et Méridionale et d’Asie, via les serres européennes.

 

Les férus de botanique, comme Charles Le Dentu, ornent leur jardin d’espèces rares : la myrte de France (Melaleuca linarifolia), le pied d’éléphant (Nolina recurvata), le ylang-ylang (Cananga odorata), l’arbre à boulet de canon (Couroupita guianensis), le chêne d’Amérique, l’olivier, et surtout la dillénie (Dillenia indica) dont le seul exemplaire connu en Guadeloupe se trouve dans le jardin de l’Habitation Joséphine, à Saint-Claude.


Motorized with Actipages By MAXImini.com - Copyright Architecte Paysager -