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L’art des jardins est en évolution douce et toute en continuité depuis des millénaires en Chine. Il est parvenu en Europe par l’intermédiaire de Marco Polo (13e s), des Jésuites (17e s) et de Chambers (18e s). En Chine, le jardin est entièrement baigné de religieux, sous l’influence du Taoïsme plus précisément. Selon cette religion, l’homme est à l’image du monde et le monde à l’image de l’homme. Le jardin est alors conçu comme la miniaturisation et la symbolisation du monde (avec à l’extrême les « penjing », ou « bonsaï » au Japon). Par la contemplation du jardin, l’homme contemple donc le monde et ainsi sa propre nature d’homme : c’est le principe de la réflexion philosophique taoïste. Quand il n’existe pas déjà, le pavillon à partir duquel on contemple le jardin est un élément architectural essentiel dans la composition du jardin. Mais contrairement aux jardiniers ambitieux de la Renaissance et du XVIIe s., le jardinier Chinois ne prétend être qu’une partie infime de la nature qu’il contemple. D’ailleurs le jardin ne se livre pas en un seul regard. Il se découvre peu à peu, alternant les ambiances et les impressions, au gré de la succession des divers espaces.

En écriture chinoise, le mot « paysage » se compose de 2 signes, celui de « montagne » et celui de « eau ». Ces deux éléments sont les piliers de l’art des jardins. La montagne (« shan ») symbolise le lieu de recueillement de l’ermite, la pierre elle-même étant le squelette de la terre et donc la base intemporelle de toute chose sur terre. L’ eau (« shui ») est le sang de la nature, celle par qui naît la vie et le mouvement, et avec qui joue la lumière. Même quand l’eau n’existe pas dans le jardin, sa présence est suggérée par les ondulations au sol, par la planitude des surfaces, etc. La composition du jardin répond aux deux principes du Yin et du Yang : l’eau est yin (féminin), la montagne est yang (masculin). Elles sont opposées mais ne peuvent être dissociées l'une de l'autre, car elles constituent les deux éléments d'un tout : du contraste et de la complémentarité naît l' harmonie.

Les plantes sont les éléments qui expriment la vie éphémère et fugace. Elles ne sont pas forcément essentielles au jardin. Quand elles sont présentes, elles ont la plupart du temps une valeur symbolique, parfois inspirée du bouddhisme. Ainsi, le lotus symbolise l’essence de la vie de l’homme sur terre : il naît de la boue, il traverse l’eau comme l’homme traverse la vie, et s’épanouit à l’air c’est à dire à la spiritualité. D’autres plantes évoquent certains moments de la vie dans la nature : le prunier évoque le réveil de la vie, le pin, la force et la longévité, le bambou, la souplesse et la solidité des liens, l’orchidée, la féminité, le magnolia, la richesse, la pivoine, la prospérité et le pouvoir royal, tandis que l’osmanthe évoque l’automne et l’éternité. Dans les parcs impériaux de la Cité Interdite, le jardin devient moins symbolique et se consacre d’avantage à la promenade. Les arbres et les étangs y prennent des dimensions majestueuses pour le plaisir des princes chinois.


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