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Le peuple romain est un peuple de cultivateurs. La terre est pour eux une richesse et même une récompense pour certains faits d'armes glorieux. La passion du jardin et le besoin du contact avec la nature sont donc profondément ancrés chez les Romains. Ainsi, au même titre que les thermes, les parcs et jardins sont le support indispensable de la vie sociale romaine.

Le jardin romain est initialement un jardin clos, « l'hortus », hérité des Etrusques. A l'origine destiné à l'autoproduction de la maison, il devient un espace d' ornement où il fait bon discuter entre amis, « l'heredium ». On l'atteint après avoir traversé « l'atrium » (entrée) et le « tablinum » (maison du maître et autel des dieux de la maison).

Avec les siècles, la composition se complexifie et le jardin s'agrandit. L'heredium s'allonge pour favoriser la promenade et la composition devient plus linéaire autour d'un axe central dynamique, parfois même autour d'un bassin central, à l'image des jardins égyptiens. En périphérie, on trouve les colonnades du péristyle et, sur les murs, des fresques qui représentent des scènes champêtres ou des références mythologiques.

Avec la conquête des possessions grecques, les Romains ramène à Rome le concept de jardin public. Ils se développent abondamment autour de Rome. Une ceinture verte hétéroclite cerne alors la ville. On y trouve aussi bien les parcs périphériques, les jardins des riches villas et les jardins familiaux des Romains de la moyenne classe sociale, appelés « hortuli ».

Les jardins des riches villas sortent à l'extérieur de la maison. En plus de l'hererdium, sorte de jardin maîtrisé intérieur, un parc privé extérieur se crée ainsi tout autour de l'habitation, tel un jardin libéré. Ce parc est conçu pour être vu à partir des terrasses de la maison et de « l'ambulatio », promenade qui fait tout le tour de l'habitation. Les perspectives naturelles offertes par le relief sur les paysages environnants sont mises en valeur et sont au centre de la composition du parc : c'est le principe du « paysage emprunté ». La composition de ces parcs s'inspire des peintures de paysages grecs. Les éléments du jardin sont nombreux, hétéroclites et très structurés : bassin et colonnade (« peristilon »), pergola (« peripteros ») et kiosque (« tholos »), volières (« ornithoron ») et statues, fontaines et canaux, parterres et buissons taillés, gazons et bosquets libres, etc. Chaque élément répond à une esthétique très étudiée mais la composition globale est floue et sans réel ordonnancement. L'important est le ravissement visuel que procure le foisonnement de ce 'lieu imaginaire' (« topia »). La villa de l'empereur Hadrien, à Tivoli (an 138), en est probablement l'exemple le plus prestigieux.

Le caractère sacré du jardin romain persiste mais, contrairement aux Grecs, ici le jardin est malléable. Le jardinier est un artiste qui maîtrise « l'ars toparia », c'est à dire l'art paysager, et qui n'hésite pas à modifier la forme des végétaux (art topiaire) pour la recherche du plaisir visuel. Cette cohabitation entre plaisir et sacré exprime l'harmonie entre les hommes, la nature et les dieux.

Les plantes du jardin d'agrément romain sont nombreuses. Le buis est la plante qui se prête le mieux à l'art topiaire et il est très fréquent. On trouve aussi : le cyprès et le laurier également taillés, la myrte, le laurier-rose, le lierre, le romarin, l'acanthe, la rose, la vigne, la violette, le narcisse et de nombreux petits arbres, y compris les fruitiers. L'utilisation de ces végétaux repose sur la somme des connaissances botaniques de l'Antiquité, que viennent compléter les traités agronomiques romains tels que le « De agri cultura » de Marcus Porcus Cato (234-149 av. JC), le « De re rustica » de Columella au 1er s., ou encore les « Géorgiques » de Virgile.


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