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Le peuple arabe est initialement un peuple de nomades et de guerriers. Depuis le prophète Mahomet (570-632), les Arabes sont unis par une religion pour laquelle ils mènent leurs conquêtes (à partir du VII-VIIIe s.). Le Coran, livre saint de l'Islam, confirme la signification divine du jardin cruciforme hérité des Perses : « ils y trouveront […] le pardon de leur Seigneur ». Le Coran reprend la symbolique du chiffre 4 qui régit le jardin perse, avec le culte des 4 éléments sacrés : le feu, l'air, l'eau et la terre.

Pour ce peuple habitué au désert, le jardin est un réconfort. C'est un oasis sous la forme d'un jardin clos au cœur de l'habitation. En plus de la volonté d'honorer Allah, le propriétaire recherche dans la réalisation de son jardin, le faste et la volupté que procure l' eau, à l'opposé du vide et de la dureté du désert. L'art des jardins arabes est donc au paroxysme de l' approche sensorielle et sensuelle. Tous les sens sont stimulés :

  • la vue par les contrastes de couleurs, les jeux de lumière et d'ombrages, les reflets sur l'eau ;
  • l' odorat par les senteurs des plantes parfumées ;
  • l' ouïe par le bruissement de l'eau omniprésente, le bruit du vent dans les feuillages et le chant des nombreux oiseaux ;
  • le toucher par la fraîcheur de l'eau et la variété des matériaux ;
  • le goût par la présence des arbres fruitiers.

 

Sur le plan de la composition, le schéma originel du jardin cruciforme perse est peu modifié. Au centre du jardin, la fontaine est parfois remplacée par un kiosque, inspiré des jardins romains, d'où l'on apprécie la beauté du jardin, en toute quiétude. D'ailleurs, la statique de cette composition centrée favorise le repos. Des colonnades entourent le jardin, à l'image des péristyles romains mais infiniment plus légères et délicatement sculptées. Les portes majestueuses relient le jardin à l'extérieur et, par leur clarté, évitent le sentiment de claustrophobie. Cette composition évolue très peu au fil des siècles. Les Maures ajoutent seulement la céramique dans les jardins des palais andalous, comme à Grenade dans les jardins de l'Alhambra et du Generalife.

Les Arabes ont hérité et développé la connaissance égyptienne des plantes médicinales, et la somme romaine des connaissances agronomiques. La « Pharmacoepia » du botaniste Ibn al-Baytar, regroupant 14.000 plantes en est la preuve. Toutes ces plantes participent à l'élaboration du jardin, de sorte que l'épanouissement des végétaux soit optimal, en fonction des conditions imposées et des effets recherchés. Séville, Tolède et même Montpellier accueillent les premières collections de plantes médicinales, dès le XIe s. La maîtrise agronomique est à la base de la réussite du jardin arabe. La maîtrise hydraulique des systèmes de pompage et d'irrigation, et la multiplication des canaux lui donnent vie.

Le jardin est la perle de la maison, un signe du pouvoir de son propriétaire, un sujet de fierté. Le maître prend part lui-même à la conception de son jardin. Il le fait même broder sur de grandes tentures pour continuer à le contempler quand le climat ne lui permet plus de s'y promener. Cet art des jardins, exporté avec la religion islamique, fut adopté par de nombreux peuples tels que les Mogohls, en Inde et au Pakistan. Le jardin et ses délices appréciés par le Prince Moghol de son vivant, l'accompagne après sa mort, autour de son tombeau majestueux. Ce sont les exemples prestigieux du Tadj Mahall ou de Cholimar, au Cachemire.


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