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L’art des Jardins ne connaît pas de grande révolution pendant toute la première partie du XXe s.. Les travaux de Gertrude Jekyll restent la référence anglaise jusqu’à la Seconde Guerre Mondiale. Avec l’apparition du cubisme, les arts picturaux coupent les ponts avec la représentation des paysages. Le lien étroit entre l’Art et l’Art des Jardins est rompu. Quelques expériences sont alors menées par différents paysagistes, tantôt pour tenter de suivre les nouveaux arts, tantôt pour oser une nouvelle esthétique du jardin. Gabriel Guévrékian crée des jardins cubistes en cherchant des effets 3D et des jeux de miroirs. Antoni Gaudi invente un style néo-gothique en architecture mais aussi dans son jardin de Guëll (1900-1914). Roberto Bürle Marx crée le jardin organique, basé sur le respect écologique et sur une conception du végétal en tant que matériau utilisé en grandes tâches mono-spécifiques (parc de l’Ateiro à Rio de Janeiro, 1961, Copacabana, 1970). En même temps, les jardins à thèmes se développent et gagnent la mode. Albert Kahn revisite le jardin japonais à Boulogne-Billancourt (1911-1914) pendant que J.C.N. Forestier réhabilite les jardins méditerranéens et hispano-mauresques.

Après la Seconde Guerre Mondiale, le fonctionnalisme développé par Le Corbusier met l’accent sur l’hygiénisme nécessaire du nouvel urbanisme. La pauvreté des formes et le mépris de l’ornement ne laissent aucune place à l’Art des Jardins. Les espaces résiduels sont destinés à l’aération et à l’activité sportive des populations : ce sont les ‘ espaces verts’, conception plus que réductrice de l’Art des Jardins. Au mieux, la composition de ces espaces copie laborieusement les réalisations passées, notamment les parcs du XIXe s.

Il faut finalement attendre les années 70’s pour que le post-modernisme mette fin au fonctionnalisme et que les rapports entre urbanisme et nature s’inversent. Les intellectuels prennent conscience que la nature est riche et que le fonctionnalisme la met en danger. Il faut donc la préserver. Venu des pays nordiques, un Art des Jardins à tendance écologique prend forme. Les palettes végétales redeviennent plus naturelles. Sur le plan de la composition, les paysagistes se lancent sur diverses pistes. En France, Jacques Sgard travaille le traitement du sol comme témoin des multiples strates historiques et culturelles de l’espace (parc André Malraux). Pendant ce temps, Alain Provost étudie le mouvement conféré à l’espace par la direction des lignes et par les affrontements brutaux entre formes et entre textures différentes (parc de la Coureneuve). Michel Corajoud joue sur le tramage de formes rythmiques, comme reflet du tramage urbain. Gilles Clément quant à lui prône l’évolution du jardin en mouvement et la sélection naturelle régulée par l’homme (parc André Citroën). A l’extrême de la démarche, le Land Art propose que l’artiste se place en spectateur d’une nature belle d’elle-même. Le rôle de l’artiste consiste alors seulement à mettre en valeur tout ou partie de cette nature naturelle, par un geste minimaliste.


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